MODULE 3 / 5 · 60 MIN
Partager un territoire, fabriquer des frontières
Comprendre la colonisation allemande, les résistances, la Première Guerre mondiale et les mandats puis tutelles français et britannique.

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Introduction
Introduction
Durée de capsule visée : 8 à 10 minutes, pauses actives comprises
En 1884, l’Allemagne établit son protectorat sur le Kamerun après des accords conclus avec certains dirigeants côtiers. Le mot « protectorat » ne doit pas masquer la conquête. L’administration avance par traités inégaux, violence militaire, fiscalité, travail contraint, plantations, routes et chemins de fer. Elle rencontre négociations, refus et résistances.
Rudolf Duala Manga Bell conteste les expropriations qui menacent les terres duala. Accusé de haute trahison, il est exécuté en 1914 avec Ngoso Din. Martin-Paul Samba, ancien officier colonial devenu opposant, est également exécuté cette année-là. Leurs trajectoires diffèrent ; les réunir sous une étiquette héroïque effacerait les stratégies et les contextes.
La Première Guerre mondiale transforme le Kamerun en champ de bataille. Après la défaite allemande, la France et le Royaume-Uni se partagent le territoire. La Société des Nations formalise des mandats ; après 1945, l’ONU les transforme en territoires sous tutelle. Le vocabulaire international promet un accompagnement vers l’autonomie, mais la souveraineté reste limitée.
La partie administrée par la France et les Cameroons britanniques suivent des institutions différentes. Côté britannique, l’administration est liée au Nigeria et distingue Northern et Southern Cameroons. Ces dispositifs affectent écoles, tribunaux, administrations et économies. Ils expliquent en partie la dualité linguistique contemporaine, sans suffire à expliquer tous les conflits actuels.
Les plantations, infrastructures et cultures commerciales transforment le travail et l’accès à la terre. Les migrations s’intensifient. Les catégories administratives fixent des identités et hiérarchisent les autorités. Mais les populations utilisent aussi les institutions nouvelles, les syndicats, les églises, la presse et les circulations urbaines pour formuler leurs propres demandes.
En 1961, des plébiscites encadrés par l’ONU conduisent le Northern Cameroons à rejoindre le Nigeria et le Southern Cameroons à rejoindre la République du Cameroun. Le choix proposé n’inclut pas une indépendance séparée. Pour comprendre cet épisode, il faut lire les questions posées, les campagnes, les résultats et les limites du dispositif.
Construis une chronologie à trois lignes. Première ligne : décisions impériales et internationales. Deuxième : institutions vécues : école, langue, droit, travail. Troisième : négociations et résistances. Pour chaque événement, indique ce que la source établit et ce qu’elle ne permet pas de conclure.
Le module suivant aborde l’UPC, la guerre de décolonisation, l’indépendance et les mémoires disputées. Il exige de tenir ensemble violence documentée, pluralité des acteurs et prudence face aux usages politiques du passé.
Pour approfondir · 4 ressources
ONU : British Cameroons
Reconstituer mandat, tutelle et options politiques.
À faire : Reconstituer mandat, tutelle et options politiques.
Consulter la ressource ↗ONU : Future of the Cameroons
Analyser le vocabulaire de la résolution.
À faire : Analyser le vocabulaire de la résolution.
Consulter la ressource ↗ONU : Plébiscites, Yearbook 1960
Identifier question, acteurs et limites du vote.
À faire : Identifier question, acteurs et limites du vote.
Consulter la ressource ↗ONU : Article 76, régime de tutelle
Comparer promesse juridique et souveraineté réelle.
À faire : Comparer promesse juridique et souveraineté réelle.
Consulter la ressource ↗GARDER L’ESSENTIEL · QUESTION 1 / 10
Le protectorat allemand est établi en…
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