MODULE 3 / 5 · 60 MIN
Migrations, villes et renaissances culturelles
Analyser Grande Migration, urbanisation, presse, travail, Harlem Renaissance, blues et jazz dans leurs tensions de classe et de genre.

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Introduction
Introduction
Durée visée : 11 minutes
Entre les années 1910 et 1970, plusieurs millions d’Afro-Américaines et d’Afro-Américains quittent le Sud pour des villes du Nord, du Midwest et de l’Ouest. La Grande Migration n’est pas un déplacement unique. Elle comporte plusieurs vagues, des retours, des familles séparées puis réunies et des destinations diverses. Les personnes partent pour échapper à la violence raciale et aux restrictions, mais aussi pour chercher salaires, éducation et autonomie.
Les chemins de fer, la presse noire et les réseaux familiaux rendent le mouvement possible. Le Chicago Defender diffuse offres, récits et imaginaires. Les emplois industriels ouvrent des possibilités tout en maintenant discriminations salariales et ségrégation professionnelle. Les syndicats peuvent exclure ou intégrer. A. Philip Randolph organise les travailleurs des wagons-lits et lie droits du travail et droits civiques.
La ségrégation résidentielle ne relève pas seulement de préférences individuelles. Contrats, zonage, violence, pratiques bancaires et politiques publiques fabriquent des quartiers inégalement dotés. Pourtant, ces quartiers deviennent des centres de presse, de commerce, de musique, de pensée et d’organisation. À Harlem, dans les années 1920, une constellation d’écrivains, artistes et intellectuels produit ce que l’on nommera Harlem Renaissance.
Alain Locke parle du « New Negro », mais aucun manifeste ne résume le mouvement. Langston Hughes explore langues, musiques et vie ordinaire. Zora Neale Hurston travaille littérature et anthropologie. Claude McKay, né en Jamaïque, inscrit Harlem dans une circulation caribéenne. W. E. B. Du Bois relie enquête sociologique, organisation politique et panafricanisme. Anna Julia Cooper rappelle que les expériences des femmes noires transforment la manière de penser la démocratie.
Le blues et le jazz voyagent avec les personnes, les instruments, les disques et les clubs. Ils ne sont pas de simples bandes-son. Ils organisent du travail, des publics, des styles et des mémoires. Les femmes du blues deviennent des entrepreneuses et des voix sociales. Plus tard, les industries culturelles diffusent largement ces créations tout en posant la question de la propriété, du crédit et de la rémunération.
Choisis une ville et crée six points reliés : origine migratoire, travail, logement, journal, lieu artistique, mobilisation. Pour chaque lien, ajoute une preuve. Puis demande-toi qui manque : femmes, personnes queer, ouvriers, enfants, migrants caribéens ou africains ?
La migration ne dissout pas le Sud ; elle le recompose dans les familles, les sons, les cuisines et les luttes urbaines. Le prochain module suit les organisations de la liberté noire, des droits civiques aux internationalismes.
Pour approfondir · 3 ressources
NMAAHC : Harlem Renaissance
Distinguer mouvement, institutions, œuvres et débats.
À faire : Distinguer mouvement, institutions, œuvres et débats.
Consulter la ressource ↗Library of Congress : Jim Crow Segregation
Relier droit, géographie, expérience et sources primaires.
À faire : Relier droit, géographie, expérience et sources primaires.
Consulter la ressource ↗Library of Congress : African American Music Bibliography
Construire une bibliographie musicale par période et thème.
À faire : Construire une bibliographie musicale par période et thème.
Consulter la ressource ↗GARDER L’ESSENTIEL · QUESTION 1 / 10
La Grande Migration désigne…
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